D'île en île: La communauté comorienne de La Réunion

Ancienne colonie française, l’archipel des Comores se compose d’un État indépendant, l’Union des Comores, constitué de trois îles (la Grande Comore, Anjouan et Mohéli) et d’une île restée française, Mayotte. Un premier peuplement sédentaire a lieu au IXe siècle, en provenance de la côte africaine, puis des populations affluent de tout le pourtour de l’océan Indien. Les migrations des Comoriens ont eu des buts commerçants, des causes politiques, mais ce sont aujourd’hui les motifs coutumiers et économiques qui dominent. Les mouvements de population au départ des Comores privilégient certaines destinations selon les époques. Ce sont d’abord l’Afrique de l’Est, la péninsule arabique et Madagascar. Puis, le développement de l’économie de plantation à La Réunion et à Mayotte en font de nouvelles destinations pour les travailleurs engagés. A partir de la Seconde Guerre mondiale et, à plus forte raison depuis l’indépendance de l’État comorien, proclamée en 1975, les flux migratoires se réorientent vers la France métropolitaine.

Les migrations contraintes de Comoriens vers La Réunion sont largement occultées dans les mémoires, aussi bien comoriennes que réunionnaises. Les premiers Comoriens qui y sont amenés sont des esclaves, généralement acheminés via Madagascar. Ces migrations contraintes se sont poursuivies après l’abolition de l’esclavage avec la venue de travailleurs engagés, notamment après la fin du recrutement des Indiens (1882). Les migrations d’hommes libres à destination de La Réunion ne deviennent vraiment significatives qu’après la Seconde Guerre mondiale. L’indépendance des Comores (1975) et les émeutes de Majunga (1976-77) viennent nourrir d’importants flux migratoires.

Aujourd’hui, le taux de chômage important qui sévit à La Réunion décourage les migrations de travail. Depuis les années quatre-vingt-dix, c’est principalement le rapprochement des familles qui motive l’arrivée des migrants comoriens. Les deux groupes, Mahorais et Comoriens, sont souvent confondus par les Réunionnais et font l’objet d’un même rejet par une partie de la population.

Les conditions de vie de beaucoup de familles comoriennes sont marquées par la précarité. Nombreuses sont celles qui logent dans des zones d’habitats informels de type quartiers sensibles ou bidonvilles. Pour beaucoup de Comoriens, l’installation à La Réunion n’est qu’une étape dans un parcours migratoire. Ainsi, un quart des Comoriens installés à La Réunion a déjà vécu hors de son île (à Madagascar ou à Mayotte le plus souvent) et beaucoup se rendent ensuite en France métropolitaine.

S’ils sont souvent en butte au racisme, beaucoup de Comoriens apprécient néanmoins la grande diversité de la population réunionnaise et la liberté d’affirmation identitaire qui a cours dans cette société créole. Ainsi, il leur semble plus facile de pratiquer la religion musulmane et de la transmettre aux enfants à La Réunion qu’en métropole.

Nouvel An Khmer 2016, Cambodge

Le Nouvel an Khmer suivait à l’origine le calendrier lunaire et avait lieu tous les ans le premier jour du premier mois de l’année vers novembre-décembre. Cet événement était célébré en même temps que la fête de l’eau. Etant donné que la plupart de la population était paysanne, la fête n’était que très peu suivie par les Cambodgiens qui étaient trop occupés à travailler dans les champs et les rizières. Au XIe siècle, la date a donc été déplacé au 5e mois du calendrier lunaire (vers mi-avril) avant le début de la saison des pluies. Alors que le Nouvel an Khmer était à l’origine une fête Brahmane (de la religion Hindouiste), elle s’est petit à petit transformée en une fête Bouddhiste. Sa signification en khmer est Chaul Chhnam Thmey qui signifie littéralement « Entrer dans la nouvelle année ».

Ces fêtes de la nouvelle année débutent par un grand exode partout dans le pays. Une grande majorité des habitants de Phnom Penh quittent la capitale pour passer les fêtes en famille. Les familles s’entassent avec leurs bagages, des provisions et des cadeaux dans des minibus, autobus, voitures ou motos. Les endroits de ralliements se trouvent aux intersections des grandes routes qui quittent la capitale pour les différentes provinces du pays ou dans les nombreuses gares routières. Les familles attendent une place dans un transport et se lancent dans le voyage. Phnom Penh se vide progressivement. Siem Reap, l’autre grande ville pays a accueilli cette année presque un million de personnes venues de tout le pays. Fidèles à une habitude en passe de devenir une tradition, les Cambodgiens profitent des jours de congés du Nouvel An pour se rendre en pèlerinage aux temples d'Angkor proche de Siem Reap où ils s’adonnent aux joies du camping et du pique-nique tout en visitant les temples de pierre ancestraux. Le nouvel an khmer en plus d’être une grande fête traditionnelle, religieuse et familiale, est une bonne occasion de rencontre pour les Cambodgiens. Une des tradition de ce nouvel an veut que l’on verse de l’eau et du talc sur les passants, le soir venu sur Siemp Reap la fête bat son plein et la ville devient blanche.

Dans certaines provinces ou régions, le Nouvel An est précédé et prolongé de jeux populaires pendant un mois avant et presque un mois après l'événement. On va se rassembler dans la pagode, sur les places publiques, dans les sites historiques ou touristiques pour danser, se distraire.