Morgan Fache

101e département
101e département

Morgan Fache

80.00

Sur l’île de Mayotte depuis un peu plus d’une semaine en commande pour un magazine afin de couvrir la grève générale qui touche l’île depuis un peu plus d’un mois, je me perds sur les hauteurs de Mamoudzou. Ici c’est un dédale de « bangas », nom donné aux cases en tôle qui s’étalent sur les collines qui entourent le chef lieu de l’île. Au grès des rencontres, je croise Ousmane, jeune comorien qui vit sur cette colline. Il souhaite m’amener voir une famille qu’il connait bien. Nous marchons ensemble un certains temps. La nuit commence à tomber progressivement. Sur notre chemin, les bangas se font de plus en plus rare et après 20 minutes de marche à flanc de colline nous arrivons à destination. Je fais la connaissance de cette famille d'origine comorienne qui vit ici depuis quelques années déjà. Leurs conditions de vie sont précaires, l’eau et l’électricité parfois absentes. Le travail aussi est difficile à trouver et l’une des seules satisfactions pour les parents reste que leur enfants puissent aller à l'école et apprendre le français. Cette famille vit à Mayotte depuis plusieurs années en toute régularité mais ils craignent pourtant la situation actuelle. Les « décasages », les expulsions, les intimidations, les réprimandes de la part de certains mahorais qui veulent les voir quitter l’île font de la peur leur quotidien. Mais ils ne comprennent pas vraiment pourquoi ils sont devenus la cible de toute une population, eux qui ont quitté la misère pour tenter une vie meilleure. Je suis revenu plusieurs fois voir cette famille, pour les photographier mais aussi simplement passer du temps. 3 avril 2018.

Quantity:
Add To Cart