Charcoal Kids

Le Grand Manille est l'une des villes les plus grandes et les plus densément peuplées du monde. On estime que 35% des 20 millions d'habitants de la ville vivent dans des bidonvilles avec un accès limité à l'assainissement, à la santé et à l'éducation.

La communauté Ulingan de Malabon est l'une des plus pauvres. Elle est située à la frontière d'une montagne de déchets autrefois connue sous le nom de « The Smokey Mountain », un bidonville officiellement fermé dans les années 1990. Les résidences d'échange fournies par le programme de réinstallation du gouvernement philippin ont été construites dans des régions éloignées de la province où aucune installation n'est fournie. Dans ces communautés artificiellement créées, il est encore plus difficile pour les familles de trouver du travail et de subvenir à leurs besoins. Les habitants qui ont décidé de rester dans la région de Grand Manille continuent de gagner leur vie en ramassant les ordures ou en produisant du charbon de bois toxique, fabriqué localement et largement utilisé dans la région pour remplacer le gaz et l'électricité à moindre coût.

Les « Ulingans », comme on les appelle, sont constamment exposés à des émissions nocives telles que le monoxyde de carbone, l'oxyde nitreux et la suie, ainsi qu'à des produits chimiques lorsqu'ils brûlent du bois traité. Il en résulte une myriade de maladies respiratoires et cardiaques. Selon les estimations, 60% de la population souffre de tuberculose tandis que les autres problèmes pulmonaires et les maladies d’origine hydriques sont banals. Les chercheurs ont identifié plus de 35 maladies dans les zones de ramassage des déchets, notamment le choléra, la dysenterie, le paludisme, les maladie cutanées, la tuberculose et la typhoïde.

Une grande partie de ceux qui travaillent sont des enfants qui passent des heures à ramasser du bois, à faire bouillir les déchets pendant des semaines dans une chaleur extrême, à séparer le bois de chauffage et à chercher des pièces de métaux précieux qui leur procurent un revenu supplémentaire. Ils gagnent entre 50 centimes et 1,5 euro par jour et ne sont payés que lorsque tout le travail est terminé et que le charbon de bois est vendu à un vendeur local. La production de charbon de bois à petite échelle est illégale et non réglementée mais reste la seule opportunité pour les familles qui sont souvent retirées de toute protection juridique ou aide financière du gouvernement philippin.

La situation rejoint également le problème de la pauvreté énergétique, l'un des aspects les moins discutés de notre défi énergétique actuel et qui menace encore les économies, la sécurité nationale, l'environnement et la santé publique dans le monde entier.