De l'Inde à La Réunion, de l'Engagisme à la liberté

Au 19e siècle, l’économie de La Réunion repose essentiellement sur le commerce du café, mais surtout de la canne à sucre. Ces cultures nécessitent une main d’œuvre importante recrutée par les riches propriétaires des terres dans le cadre de l’esclavage puis dans celui de l’engagisme.

L’abolition officielle de l’esclavage à la Réunion a eu lieu le 20 décembre 1848 et laisse place à l’engagisme. L’engagé signe un contrat d’engagement (contrat de travail) envers un engagiste le liant pour une durée de 5 ans. Il doit doncpercevoir un salaire, garde sa liberté de culte et bénéficie de la possibilité de rentrer dans son pays d’origine à la fin de son contrat. Mais, pour la majorité des engagés, la réalité fut toute autre. Les engagés, tout comme les esclaves, sont achetés sur des marchés et leurs conditions de travail sont équivalentes à celles des asservis.

Entre 1860 et 1936, La Réunion accueille plusieurs dizaines de milliers de personnes (des engagés) venues de pays divers, en majorité de l’Inde, mais aussi de Madagascar, des Comores, du Mozambique, de Chine et d’Europe.

Il faudra attendre le milieu du 20e siècle, pour que l’immigration libre et spontanée commence à remplacer l’engagisme. Durant cette période de l’engagisme, plus de 120 000 Indiens sont «importés» de la Côte Est de la péninsule. Ces femmes et ces hommes vont être à la base de la composante indienne des Indo-Réunionnais. Aujourd’hui, après trois ou quatre générations, que sont-ils devenus? Comment se sont-ils construits sur ce petit bout de terre de l’océan indien? Le fils d’engagé a t-il pu se reconstruire une identité, gravir l’échelle sociale et accéder à sa liberté?