Cartographie de la liberté

Plus de 250,000 employés domestiques originaires des Philippines, d’Ethiopie ou du Bangladesh travaillent au Liban. Ces femmes sont embauchées sous le système du kafala qui les place sous l’entière responsabilité de leur employeur. Exclues du code du travail, nombre d’entre-elles se voient privées de salaire et de liberté de déplacement. Certaines sont battues ou abusées sexuellement. 70% d’entre-elles se disent victimes de maltraitance. Début 2015, elles ont formé un syndicat, mais il n’a toujours pas été reconnu par les autorités libanaises.

Où vivent-elles à Beyrouth, quand elles sortent de leur lieu de travail où elles passent la majeure partie de leurs nuits et jours? Ont-elles des lieux de réunion, de loisirs, des recoins secrets d’intimité et d’amour? Comment font-elles respirer leurs corps, prisonniers du système kafala? Mon travail vise à documenter les frontières physiques et émotionnelles imposées aux employées domestiques migrantes du Liban en demandant à cinq d’entre-elles de cartographier les ornières de leur liberté, en dessinant sur une carte les routes auxquelles elles ont accès dans la capitale libanaise et en photographiant leurs parcours quotidien et ses limites.