Déplacés de Buleusa, prisonniers d'un cycle de violences ethniques

A l'entrée de Buleusa, petite localité de l'Est de la République démocratique du Congo, un camp provisoire de casques bleus sud-africains installé après l'attaque de sites de déplacés hutus. Face au camps, les ruines des maisons de la communauté kobo incendiées en décembre 2015 par les FDLR, rebelles hutus rwandais. Plus loin, au centre de Buleusa la vie reprend à peine. Des maisons sont en reconstruction d'autres, en ruines, sont couvertes de dessins d'enfants ou de graffitis, le long de la route, les étales du petit marché désespérément vides.

Fin novembre la population avaient fui abandonnant le village et leurs champs car les maï-maï NDC rénové du chef de guerre Guidon ont attaqué cette localité mettant fin à plusieurs années d'occupation des FDLR. En représailles, ces rebelles hutus rwandais sont revenue en décembre de la même année, incendié les maisons de la communauté kobo.
Depuis, la population est revenue s'installer dansle village mais les tensions entre communautés dont sont issues ces groupes armés sont vives.

Le 13 juin dernier, les villageois qui accusent les déplacés hutus de cacher des armes et d'être complices des rebelles FDLR ont attaqué et brûlé tous les sites de déplacés de la ville. Plusieurs millier de déplacés hutus ont alors trouvé refuge dans un camp militaire congolais en haut d'une colline. Cet accueil, à l'origine temporaire, s'inscrit peu à peu dans la durée, faute de solution politique et d'assistance humanitaire. Entassés, sans accès à l'eau et aux sanitaires, cette population, essentiellement composé de femmes et d'enfants souffre et reste menacée par les villageois kobo qui voudrais les voire partir.