Istanbul, révolte contre le pouvoir

Suite à une intervention musclée des forces de l'ordre en mai 2013, un petit rassemblement d'écologistes manifestant contre la destruction du parc Gezi -en plein coeur d'Istanbul-, se mua en vaste mouvement de protestation contre le gouvernement islamo-conservateur du Premier Ministre Recep Tayyip Erdogan, accusé de mener des réformes liberticides.

Ces événements furent l'étincelle mettant le feu aux poudres du ras-le-bol d'une partie de la population. Le parc Gezi fut occupé durant trois semaines et devint le symbole d'une nouvelle démocratie et de la tolérance.

Suite à l'évacuation brutale de la place Taksim, le mouvement de révolte se poursuivit dans certains quartiers et rues de la ville, où de violents affrontement continuèrent. Il se dissémina aussi dans les jardins publics où, le soir venu, se tenaient des forums d'importance et de taille variable où chacun pouvait prendre la parole pendant deux minutes trente, et exprimer ainsi «ce qui ne put être dit durant des années». Et à travers tout le pays des hommes et des femmes se tinrent debout et immobiles devant les statues d'Atatürk, des heures durant; symbole de protestation non violente.