Kotya Libaya : le bois congolais, à quel prix ?

Vues du ciel, les forêts de la République démocratique du Congo s’étendent à l’infini. Denses, profondes, d’apparence impénétrables, elles offrent un refuge à des milliers d’espèces animales et abritent une flore d'une diversité exceptionnelle.

Ce puits de carbone naturel d’une valeur inestimable pour la lutte contre le réchauffement climatique (le bassin du Congo représente le deuxième réserve mondiale en bois tropical) est de plus en plus menacé. Faute de stabilité économique et politique, une triple exploitation hors de contrôle à laquelle même les réserves et Parc Nationaux n'échappent pas met en danger l'équilibre écologique du territoire et l’avenir de ses habitants.

D'une part, la population, qui ne cesse de s’accroitre, trouve à travers le déboisement et l’agriculture traditionnelle sur brûlis des réponses immédiates et nécessaires à ses besoins quotidiens : bois de chauffe et terres cultivables. D'autre part, à l’Est du pays notamment, différentes milices armées ont la mainmise sur le commerce de makala –le nom en swahili du charbon de bois-, source d’argent facile là où moins de 5% de la population a accès à l’électricité. Enfin, des exploitants internationaux peu scrupuleux profitent largement de la déliquescence de l’État Congolais pour exploiter souvent illégalement les différentes essences présentes dans le pays.

Dans les décennies à venir, les 80 millions de congolais seront frappés de plein fouet par le dérèglement climatique. Mais ce seront également eux qui participeront à en infléchir le cours s’ils dirigent leur industrialisation vers une économie verte. Pour l’heure, c’est au croisement de la bonne volonté d’organisations internationales de protection de l’environnement et d’une population avide de développement local que se trouve le destin de ces forêts indispensables à l’équilibre climatique planétaire.

Travail transmédia réalisé en collaboration avec Etienne Maury et avec le soutien du prix Mentor, de Freelens, de la SCAM, du CFPJ-Médias et du studio Hans Lucas.