There Is a Way

Avortement clandestin aux Philippines.

Les Philippines ont une population d’environ 103 millions d’habitants. C'est le pays avec le taux de fécondité le plus élevé d’Asie, certains des bidonvilles les plus densément peuplés du continent et, selon les résultats de l'Enquête démographique et de santé nationale, le taux de grossesses chez les adolescentes ne cesse d’augmenter. L'avortement est interdit en toutes circonstances, ostracisé et considéré comme un crime. Dans le même temps, tout accès aux contraceptifs modernes ou aux méthodes de planning familiale sont fortement limités et plus de 65% des femmes du pays ne comptent que sur des méthodes naturelles de contraception, comme le calendrier ou le retrait.

Malgré des législations aussi strictes, une femme sur cinq en moyenne subit un avortement clandestin, souvent plus d'une fois dans sa vie. Selon les recherches de l'Institut Guttmacher, plus de 610 000 femmes aux Philippines ont recours à l'avortement chaque année. Les complications des interventions non médicalisées, telles que les saignements abondants et durables, les infections génitales, la perforation de l'utérus ou les infections septiques globales, sont parmi les dix raisons les plus fréquentes de l'hospitalisation des femmes. Environ 3 à 5 femmes meurent chaque jour des conséquences de l'avortement non médicalisé, parfois après leur arrivée à l'hôpital où le personnel médical refuse de les soigner et ostracise les patients qui présentent des signes d'avortement provoqués par elles-mêmes.

La situation est particulièrement compliquée dans les communautés pauvres où les femmes sont incapables de subvenir financièrement aux besoin d’un autre enfant et optent pour des procédures dangereuses ou extrêmement douloureuses. Les guérisseurs traditionnels appelés « hilots » servent des mélanges de plantes et effectuent des massages abdominaux très profonds qui, en plus de causer des fausses couches, peuvent également blesser les organes internes. Des médicaments abortifs illégaux sont également disponibles sur le marché noir et certaines femmes peuvent trouver des cliniques clandestines, où la procédure de curetage ou d'absorption manuelle sous vide est effectuée par des infirmières ou du personnel paramédical sans anesthésie ni aide médicale.

Aux Philippines, la question de l'avortement n'est pas une question de libre choix, mais souvent de survie. Les femmes trouveront toujours des moyens de résoudre le problème d'une grossesse non désirée, peu importe à quel point ce sera dangereux. Diverses études ont montré que les lois restrictives sur l'avortement n'empêchent pas l'avortement en soir, mais empêchent plutôt l'accès à des procédures sûres et mettent en danger en particulier les femmes pauvres qui sont déjà extrêmement vulnérables.

Certains noms et lieux du reportage ont été modifiés.