Huit ans après la guerre qui a ravagé la province du Kosovo, la ville de Mitrovica s'affiche comme l'un des symboles les plus forts de la fracture entre Serbes et Albanais. Depuis 1999, un pont divise la ville en deux : au sud, les Albanais ; au nord, les Serbes.
Côté méridional, la ville est en plein chantier — nouvelles constructions, boutiques à la mode, terrasses de café façonnent une « Mitro » à l'image des nouvelles villes d'Europe, où les jeunes déambulent librement. Côté septentrional, l'ambiance reste plus austère, les jeunes Serbes plus discrets ; on n'y vend pas les mêmes produits, et des bâtiments en ruines rappellent encore le conflit passé.
Valmira, Adnan, Ivana et Lazar ont 17 ans et sont en classe de terminale à Mitrovicë/Mitrovica, les uns suivant le programme albanais, les autres celui de Serbie. De part et d'autre de la rivière Ibar, surveillée par les forces militaires françaises, ces adolescents ne peuvent pas se rencontrer, hantés par la peur de l'autre et le besoin de « vivre en sécurité ». Pourtant, ils partagent les mêmes interrogations de leur âge — avenir professionnel, vie amoureuse, moyens de subsistance — avec, en toile de fond, le souvenir cuisant de la guerre et l'attente de l'indépendance. Une question revient sans cesse : « C'est comment de l'autre côté ? »
Pendant quinze jours, ce reportage suit leur quotidien, leurs désirs, leurs peurs et leurs rêves, sur fond d'indépendance à venir.

