L’esprit de Gezi

Turquie, les nouvelles résistances

Bertrand Gaudillère / Catherine Monnet

Du 31 mai au 16 juillet 2013, des centaines de milliers de personnes ont occupé sans relâche et pacifiquement la place Taksim et le parc Gezi, en plein coeur d’Istanbul.

La repression disproportionnée d’une poignée d’écologistes qui voulaient empêcher la destruction d’un des derniers espaces verts du centre ville, avait déclenché un mouvement de contestation anti-gouvernementale d’une ampleur sans précédent en Turquie.

Depuis, le pouvoir tente de tourner la page de ce «mai 68 turc». Fragilisé par des scandales de corruption, il fait face à la contestation en affirmant un autoritarisme croissant, multipliant les mesures répressives voire liberticides (accès à Twitter et YouTube bloqué en mars 2014).

Malgré le climat de peur dans lequel Erdogan tente d’enfermer le pays, l’esprit de Gezi perdure. La résistance est toujours là, menée par des Stambouliotes créatifs et drôles dans leurs actions qui derrière leur apparente légèreté traduisent une volonté de changement, et une véritable prise de conscience politique.