Ioana et la jupe rouge

C'est un conte documentaire. L’histoire d’une fille rom de 11 ans qui danse dans un bidonville de l’agglomération nantaise puis s’ennuie dans un HLM, passe son tour à l’école, porte un bébé sur sa hanche comme si c’était le sien, enfile une longue jupe rouge pour se sentir femme. C’est l’histoire de toutes ces adolescentes qui veulent grandir trop vite, tous ces migrants qui croyaient trouver en France une vie meilleure. C’est avant tout une façon de montrer, sans angélisme ni misérabilisme, le quotidien d’une enfant qui aime les siens et rêve en paillettes malgré la boue sur ses baskets.

J’ai rencontré Ioana dans l’école de mon quartier : elle habitait dans le bidonville le plus proche de chez moi et a été plusieurs années dans la même classe que mon fils aîné. La longue jupe que Ioana porte de plus en plus souvent est devenue un fil rouge. Habit initiatique marquant la sortie de l’enfance, d’après les traditions de sa communauté où aucune femme mariée ne se moule dans des jeans. Mais aussi habit symbolique d’un repli faute de trouver une place dans la société française. La métropole de Nantes est celle de l’hexagone qui concentre le plus d’habitants en bidonvilles : 3000 personnes d’origine rom et venues de Roumanie pour travailler dans le maraichage.

>> Lien vers le : Film photo Ioana et la jupe rouge finaliste du Prix Diapero et du Prix Nouvelles écritures de Freelens - 2020

Avec le soutien de la Drac des pays de la Loire