Nommée « Capitale italienne de l’art contemporain 2026 », Gibellina, petite bourgade de l’ouest de la Sicile, a été détruite à 90 % lors du tremblement de terre de 1968.
Dans les années 1970-1980, elle tente de se reconstruire à travers un vaste programme de sculptures publiques et de land art. Un projet pharaonique qui n’a pas tenu ses promesses.
Déplacée et reconstruite vingt kilomètres plus loin sous le nom de Gibellina Nuova, la ville devient le terrain d’une utopie artistique et architecturale portée par le maire Ludovico Corrao, qui fait appel aux grands noms de l’art et de l’architecture italiens pour transformer la reconstruction en laboratoire à ciel ouvert.
Mais cette ville nouvelle, pensée à grande échelle, peine à trouver son équilibre. Les espaces immenses, les formes monumentales et le silence urbain composent un paysage singulier, parfois déserté, où la modernité semble suspendue.
Aujourd’hui, Gibellina vit entre mémoire et renaissance. Le village originel reste une cicatrice visible, tandis que la ville nouvelle se réactive autour de projets culturels et de sa nomination récente comme capitale de l’art contemporain.
Ce reportage explore cette tension : entre ruine et utopie, effacement et reconstruction, une ville qui n’a jamais cessé de se chercher ;
