En Cisjordanie, le quotidien de toute une génération d’enfants est marqué par la peur et le deuil. Depuis le 7 octobre 2023, plus de 240 enfants palestiniens ont été tués en Cisjordanie, faisant de ces dernières années les plus meurtrières jamais enregistrées pour les enfants dans les territoires occupés. Dans toute la Cisjordanie occupée, la mort est omniprésente face à la menace des raids de l’armée israélienne et aux violences des colons. Se rendre à l’école ou jouer dehors est devenu une source d’anxiété et de risques permanents.
Dans ce contexte, les enfants palestiniens sont souvent perçus comme des menaces potentielles par l’armée israélienne, qui en arrête entre 500 et 700 chaque année. Israël est le seul pays au monde où des tribunaux militaires ont compétence sur les mineurs, une pratique qui permet de poursuivre des enfants palestiniens dès l’âge de 12 ans. Ces violences et ces expériences de détention laissent des traumatismes profonds et affectent durablement le développement de plusieurs générations.
Les répercussions de ce phénomène dépassent les enfants eux-mêmes et affectent le tissu de la société palestinienne dans son ensemble. Comme le souligne la psychiatre palestinienne Samah Jabr : « Lorsqu’un enfant est arrêté, c’est toute la société qui est affectée. Lorsque le père, l’enseignant échouent à protéger l’enfant, cela crée un sentiment d’impuissance qui érode les liens familiaux. »
Cette série raconte les histoires de cette génération d’enfants, prise dans un cycle de violence nourri par l’occupation et la guerre à Gaza.
