_ Marche ou rêve  est un projet photographique sur la marche citoyenne et solidaire organisée par l’Auberge des Migrants. Les photographes se sont relayés de Vintimille à Calais pour documenter cette initiative et aborder d’une autre manière les enjeux des politiques migratoires européennes.

 
 

Marche ou rêve

"Marche ou rêve" est un livre de photographies sur la marche citoyenne et solidaire organisée par l’Auberge des Migrants. Les photographes du collectif se sont relayés de Vintimille à Calais pour documenter cette initiative et aborder d’une autre manière les enjeux des politiques migratoires européennes.

"Marche ou rêve" est aussi le prolongement d'une action aujourd'hui achevée, pour garder une trace ; une contribution visuelle commune destinées à porter la parole des migrants et relever l'action de milliers d'anonymes.

60 pages
Format : 16,5 x 24cm
Isbn : 978-2-9566057-0-6
Dépôt légal - octobre 2018

 

1400 km _ 70 jours _ 11 photographes _ 2 photographes invités


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De Vintimille à Calais …

 

La Marche solidaire organisée par l’Auberge des migrants a relié la frontière franco-italienne à la frontière franco-britannique, de Vintimille jusqu’à Calais. Ce cortège a sillonné le territoire français sur 1400 kilomètres.

Marcher, comme ceux qui prennent la route pour fuir la guerre ou la misère, c’est alerter et ramener le débat là où il devrait être. La crise des migrants est avant tout une crise de l’accueil. Notre histoire à tous est celle d’une succession de migrations et de sédentarité. Cette complexité du monde, qui met toujours en péril la cohérence de nos nations, a trouvé son équilibre dans le droit, celui du sol et celui de l’asile. Nous sommes dans un Etat de droit.

En durcissant les conditions d’entrée sur son territoire, l’Europe se ferme, s’érige en forteresse et compte les morts que font les frontières. Ces barrières de protections ont montré leurs limites. Elles sont illusoires et n’ont jamais arrêté personne définitivement. Pour preuve, la Méditerranée, Vintimille, Briançon ou encore Calais, sont des passages que l’on tente vainement de suturer. Comme si nos territoires souffraient de ces brèches alors que ce sont sur elles que l’on se mutile et que l’on meurt. L’Europe bafoue ses engagements vis-à-vis des conventions internationales qu’elle a pourtant ratifiées et qui accordent légalement des droits de séjour. Si ces choix politiques, engagent les peuples malgré eux, ils placent en première ligne ceux qui vivent sur nos frontières et le long des chemins de l’exil dans un no’mans land de la citoyenneté. Ils se voient assignés à une solidarité devenue délictuelle.

Voilà les initiateurs de cette Marche solidaire et citoyenne. Ils se sont donnés pour projet de traverser physiquement notre territoire, agrégeant pour la rendre visible cette citoyenneté mise à mal. Marcher, sans confondre ce qui reste symbolique  avec ce que vivent les personnes qui n’ont pas d’autres choix, c’est effectivement ramener le débat dans une position qui peut être commune, celle de l’empathie. Il ne s’agit pas seulement ici d’une posture militante mais bien de prendre ce sentiment ordinaire comme base d’une réflexion à construire. En nous engageant nous aussi tout au long de la marche, nous nous sommes joints à ce geste pour éprouver collectivement ce questionnement. En bousculant nos habitudes de travail pour se rendre plus libre et en ne s’attachant plus tant à  rendre intelligible une situation très complexe que de s’y rendre sensibles.

Pendant dix semaines, onze photographes du collectif item et deux photographes invités se passé le relais au fil des étapes. Chacun, à sa manière, en raconte un chapitre, revendiquant la singularité de sa mise en perspective et de son identité visuelle. 

Marche ou rêve n’est pas une injonction à choisir, c’est un clin d’œil, comme un défi, une invitation à contrarier la simplicité de sa formule.

revue de presse